Conférences et reportages sur les frontières sur Internet

Au cours de ces dernières années, les frontières sont devenues un objet d’étude grandissant dans les programmes de géographie du secondaire:

  • en 4ème avec le chapitre mers et océans (frontières maritimes)
  • en 3ème avec les territoires ultramarins français (frontières maritimes), mais également les limites de l’Union européenne avec le développement de l’espace Schengen.
  • en 1re avec une partie spécifique de l’option géopolitique consacrée aux frontières.
  • en Terminale avec un large chapitre sur mers et océans.

De nombreuses ressources à destination des élèves/étudiants ont ainsi été mis en ligne par des journalistes (cf le podcast de France Culture Tracer les frontières, diffusé en janvier dernier: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-podcasts-des-profs/tracer-les-frontieres-une-approche-geopolitique-par-diane-beduchaud-3631013

Voici également quelques conférences en ligne données sur les frontières par des géographes.

Une conférence de Michel FOUCHER en novembre 2020, le géographe français qui a le plus travaillé sur les frontières (à lire notamment Fronts et frontières, véritable Bible sur les découpages frontaliers)

Une autre intervention très intéressante sur Diploweb de Michel: https://www.youtube.com/watch?v=lqEyo_hS17A

Voir également l’intervention de Anne-Laure AMILHAT SZARY, autre géographe qui travaille sur la question: https://www.youtube.com/watch?v=_j5rqXGh3Z8

En moins long et davantage focalisée sur les litiges frontaliers, voir également la présentation par Pascal BONIFACE: https://www.youtube.com/watch?v=sXsYdl1ZngA

Arte a consacré une série de reportages sur la question du cloisonnement , notamment aux marges de l’Union européenne: https://www.arte.tv/fr/videos/RC-021624/l-europe-derriere-murs-et-barbeles/

Voir notamment celui-ci sur une expression devenue maintenant populaire en géographie: le retour des frontières (2018), https://www.arte.tv/fr/videos/105616-002-A/twist/

Naissance de la première frontière terrestre entre l’Europe et l’Amérique

La résolution du conflit frontalier entre le Canada et le Groenland le mois dernier a vu la création d’une première frontière terrestre entre l’Europe et l’Amérique.

Située au nord du Groenland -qui appartient au Danemark- l’île inhabitée de Hans a été partagée entre le Canada et le Groenland.

Voir l’article du journal canadien l’Express: https://l-express.ca/lile-de-hans-une-premiere-frontiere-terrestre-canada-europe/

Il est à noter toutefois que pour de nombreux géographes, le Groenland, vaste territoire sans route et peuplé par seulement 50 000 habitants, fait partie du continent américain. Mais d’autres considèrent que la souveraineté danoise l’arrime davantage au continent européen.

La résolution de ce litige frontalier permet ainsi de mieux définir les espaces maritimes des deux Etats, dans une région où les ressources pétrolières, voire halieutiques sont importantes.

Plus de la moitié des litiges frontaliers dans le monde a désormais lieu sur les mers et océans, à l’image de celui du partage de l’Océan Glacial Arctique où pourrait se trouver de vastes ressources d’hydrocarbures convoitées par les Etats de la région: Russie, Etats-Unis (Alaska), Canada, Norvège et donc Danemark avec le Groenland.

Pour un rappel concernant le tracé spécifique des frontières maritimes, voir cette petite vidéo bien conçue: https://www.youtube.com/watch?v=XaYNpgX15Gk

Bibliographie actualisée sur les frontières

Affiche à Singapour encourageant le recrutement de douaniers (juillet 2019).

Au cours de ces dernières années, plusieurs ouvrages de vulgarisation sur les frontières ont été publiés:

  • l’Atlas des frontières de Bruno TERTRAIS et Delphine PAPIN (2016, éditions les Arènes) est divisé en 5 chapitres (frontières en héritage, frontières invisibles, murs et migrations, curiosités frontalières, frontières en feu). Il est illustré par de nombreuses cartes à toutes les échelles.
  • Plus complet encore, Frontières, d’Olivier ZAJEC (2017, Chronique éditions) reprend 55 thématiques liées aux frontières. Il comporte de nombreuses cartes et photos.
  • Un très bon petit livre sur les Murs de Stéphane ROSIERE qui travaille depuis longtemps sur les politiques de cloisonnement des Etats: Frontières de fer, le cloisonnement du monde (2020, Syllepse Editions). Il y est notamment question du coût de ces murs qui prolifèrent à travers le monde.

Pour ceux qui lisent l’anglais, Border Wars de Klaus DODDS (2021, Ebury Press) analyse les risques de guerre du fait des frontières. A mentionner également The Atlas of Unusual Borders de Zoran NIKOLIC (2019, Harpers Collins Publishers), qui a également été publié en espagnol (2020) et dont la sortie en français est programmée pour octobre 2022. Un très bon livre qui présente toutes les enclaves/exclaves et autres avatars territoriaux.

La revue Carto a publié deux numéros récents sur les frontières:

en 2017, le retour des frontières: https://www.areion24.news/produit/carto-n-41/

et au début 2022, les frontières: https://www.areion24.news/produit/carto-n-69/

De même le n°109 de Diplomatie s’intitule Géopolitique des frontières (mai-juin 2021) avec notamment un article synthétique sur les Murs d’Alexandra NOVOSSELOFF (PP44-49).

Enfin, il ne faut pas oublier 3 ouvrages plus anciens, mais essentiels pour qui s’intéresse aux frontières:

  • Fronts et frontières de Michel FOUCHER (1991, Fayard). Cet ouvrage de référence explique et calcule le tracé de chaque dyade (segment frontalier).
  • Des murs entre les hommes d’Alexandre NOVOSSELOFF et Frank NEISSE (2007, la Documentation française)
  • Atlas géopolitique des espaces maritimes de Didier ORTOLLAND et Jean-Pierre PIRAT (2008, Ediitons TECHNIP). Le plus complet sur les frontières maritimes. Il existe peu de cartes sur les délimitations maritimes et l’ouvrage fait état des avancées des négociations entre Etats (du moins jusqu’à 2008).
  • International Boundaries, A Geopolitical Atlas d’Ewan W. ANDERSON (2003, Routledge).

Ukraine: une mise en perspective de la guerre par Pascal ORCIER dans Géoconfluences

Géoconfluences, la revue en ligne de géographie de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon (ENS) n’est plus à présenter pour les géographes, mais elle peut aussi s’avérer utile pour les curieux.

Pascal ORCIER, géographe et cartographe, y publie une mise en perspective de la guerre actuelle en Ukraine, cartes à l’appui. L’auteur, qui a travaillé sur les Etats baltes, et notamment sur la Lettonie, est sensibilisé depuis plusieurs années aux représentations géopolitiques de la Russie.

Voici le lien vers ce travail: https://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/eclairage/guerre-en-ukraine-quelques-cles

L’escalier du Potemkine à Odessa (février 2020)

LIVRE: Idées reçues sur l’Ukraine: de l’indépendance à la guerre par Alexandra GOUJON, spécialiste de l’Ukraine

L’opéra d’Odessa (février 2020)

Dans le prolongement du dernier café géopolitique sur l’Ukraine animé par Alexandra GOUJON, il convient de présenter son ouvrage De l’indépendance à la guerre aux éditions du Cavalier bleu (2021).

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, ce livre a été achevé à l’automne dernier car le terme “guerre” renvoie à 2014, année où le conflit a véritablement éclaté en Ukraine (annexion de la Crimée par la Russie, conquête larvée d’une partie du Donbass autour de Louhansk et de Donetsk).

Ce livre de 175 pages repose sur un concept simple: énoncer des idées reçues, à charge pour l’auteur de les nuancer, voire de les déconstruire.

Autant dire qu’à l’heure où nous sommes assaillis d’informations sur la guerre en Ukraine, de représentations par les différentes parties, la prise de distance par une spécialiste, qui travaille depuis une vingtaine d’années sur l’Ukraine, est bienvenue.

Parmi la vingtaine d’idées reçues analysées, en voici quelques-unes pêle-mêle:

  • “Kiev est la mère des villes russes”
  • “L’Ukraine était le grenier à blé de l’Europe”
  • “l’Ukraine est profondément divisée”
  • “La Crimée a toujours été russe”
  • “L’Ukraine n’est pas vraiment européenne”

Voici la présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur: http://www.lecavalierbleu.com/livre/lukraine-de-lindependance-a-guerre/

On y trouve également la liste des interventions de l’auteure dans les médias.

Bonne lecture!

Dans le doublet-frontalier de Valga (Estonie)/ Valka (Lettonie), la liberté de circulation célébrée

Valga en Estonie (12 000 habitants) et Valka en Lettonie (6000 habitants) constitue un doublet-frontalier entre l’Estonie et la Lettonie.

Alors que la frontière avec la Russie constitue une limite politique majeure, la circulation entre les Etats baltes, membres de l’Union européenne, de l’espace Schengen et de la zone euro, est fluide.

Passage de la frontière entre Valga (Estonie, à gauche) et Valka (Lettonie, sur la droite). Les bornes matérialisent la frontière (avril 2022)

Les interfaces frontalières des deux communes ont fait l’objet de programme de rénovation urbaine afin de mieux assurer les connections entre les deux Etats.

L’entrée à Valga (Estonie) par la rue Sepa. Cette photo du mois de mai 2013 montre un immeuble délabré juste après le poste-frontière estonien.

En avril 2022, le processus de rénovation est visible: l’immeuble délabré a été abattu, les bâtiments en arrière-plan ont été repeints et l’ancienne cabane de la douane, réduite à une petite structure préfabriquée.

Sur la gauche, Valga en Estonie, sur la droite, Valka, en Lettonie. A gauche, la chaîne de supermarché Rini est un marqueur de l’Estonie, il s’agit du plan grand centre commercial du doublet frontalier. Les panneaux d’entrée en Estonie sont visibles pour les conducteurs venant de la droite (il y a également un panneau spécifique pour l’accueil des réfugiés ukrainiens). A droite, la station-service est en Estonie, les bornes frontalières suivent le cours d’eau, qui n’est ici pas visible.

Au nord de Valga (Estonie), le musée militaire de Valga montre les anciennes installations de contrôle à la frontière (cabane et barrière aux couleurs de l’Estonie) avant l’intégration dans l’espace Schengen.

Café géopolitique sur l’Ukraine le samedi 11 juin à la bibliothèque Germaine Tillion (Paris, 16ème)

Le prochain café géopolitique portera sur la guerre en Ukraine et aura lieu le samedi 11 juin à la bibliothèque Germaine Tillion (Paris, 16ème).

Pour plus d’informations: https://www.paris.fr/evenements/cafe-geopolitique-la-guerre-en-ukraine-rencontre-avec-alexandra-goujon-et-laurent-hassid-20582

L’opéra d’Odessa en février 2020.

Narva (Estonie), la ville qui fait face à la Russie

Avec près de 50 000 habitants, Narva est l’une des principales villes d’Estonie. Sa particularité est d’être située à la frontière avec la Russie, dans le nord-est du pays face à la ville russe d’Ivangorod. La rivière Narva sépare les deux villes.

Simple limite entre les républiques d’Estonie et de Russie, la rivière est devenue le marqueur d’une frontière internationale, qui n’existait plus depuis l’invasion soviétique des Etats baltes au début de la Seconde Guerre mondiale.

La frontière s’est encore renforcée avec l’entrée de l’Estonie dans l’Union européenne en 2004, mais également dans l’OTAN et dans l’espace Schengen (décembre 2007).

Pour autant, la frontière reste très fréquentée car près de 95% de la population de Narva est russe et nombre d’habitants possèdent le passeport russe, ce qui évite les démarches fastidieuses pour obtenir le visa.

Le principal point de passage entre l’Estonie et la Russie avec le pont de Narva sur la rivière éponyme. A gauche, la forteresse de Narva en Estonie, à droite, celle d’Ivangorod en Russie. Au premier plan, une petite plage a été aménagée ainsi qu’une longue promenade (5 km) du côté estonien dans le cadre d’un projet transfrontalier en partie financé par l’Union européenne.
Cette photo datant d’un précédent séjour en mai 2013 montre l’aménagement en cours de la promenade face à la frontière. La patrimonialisation de cet axe parallèle à la Narva s’explique en partie par la présence d’une frontière qui marque une limite majeure de deux ensembles géopolitiques (Russie/UE). Un exemple comparable existe également dans la ville chinoise de Dandong face à la Corée du Nord.

Un panneau montrant l’aménagement de la promenade le long de la rivière à Narva. Le projet a été réalisé grâce à un financement de l’Union europénne, de l’Estonie et de la Russie sans toutefois préciser les montants de chacun des acteurs, comme c’est souvent le cas sur ce type de projet transfrontalier. Par ailleurs, il n’y a pas eu ce type d’aménagement à Ivangorod, dans la partie russe.

Des touristes visitent la forteresse d’Ivangorod (Russie).

En dépit d’une population presque exclusivement russe, les transports publics de Narva ne se rendent pas à Ivangorod, de l’autre côté de la frontière. L’essentiel du trafic transfrontalier a lieu à pied, le passage étant moins lent.
Face à l’imposante forteresse russe d’Ivangorod font face les drapeaux de l’Union européenne, de l’Estonie et de l’Ukraine. Contrairement aux autres villes estoniennes, il y a peu de drapeaux estoniens à Narva, sans doute à cause de la prédominance de la population russe.

A Helsinki (Finlande) comme dans les Etats baltes, la guerre en Ukraine est visible dans le paysage urbain

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Finlande -comme les Etats baltes- se souvient de sa vulnérabilité face à la Russie, elle qui avait été le premier Etat attaqué par Staline en 1939 à la suite du pacte germano-soviétique.

En dépit de son statut d’Etat neutre pendant la Guerre froide et de ce que l’on a appelé la “finlandisation” de son territoire (ni dans l’OTAN, ni dans le pacte de Varsovie), le pays s’est largement développé sur le plan économique à l’instar des pays scandinaves.

Le déclenchement de la guerre en Ukraine le 24 février dernier a spectaculairement modifié la manière dont la Finlande se représente en Europe. La jeune premier ministre, Sanna Marin, n’a pas hésité à se faire la porte-parole d’une adhésion rapide à l’OTAN, la Finlande ayant à peu près la même longueur de frontière avec la Russie que l’Ukraine.

La gare centrale à Helsinki où flotte le drapeau ukrainien. Plusieurs trains relient quotidiennement la capitale finlandaise à Saint-Pétersbourg, située à 400 km à l’est.

Informations pour les réfugiés ukrainiens arrivant en Finlande. Au cours de ces dernières semaines, un nombre croissant d’Ukrainiens a franchi les frontières du pays par mer ou depuis la Russie.

Au port d’Helsinki, l’arrivée est fléchée pour les Ukrainiens. Ils rejoignent sur les quais du port un local où ils sont pris en charge par les associations humanitaires.